Eau dans le Var : ce que chaque PME devrait savoir avant le prochain été

Dans le Var, l'eau a longtemps semblé acquise. Ce n'est plus le cas : les étés de restrictions s'enchaînent, la facture grimpe plus vite que l'inflation et les grands groupes rangent la pénurie d'eau parmi leurs premiers risques. Pour une PME ou une ETI varoise, la question n'est plus de savoir si l'eau deviendra un sujet, mais quand. Voici quelques chiffres, enjeux et solutions clés pour les PME et ETI varoises.

Une eau qui vient en grande partie d'ailleurs

L'eau potable du Var vient à 48 % des eaux de surface, surtout du Verdon via le Canal de Provence, et à 52 % des nappes souterraines. À l'échelle de la région, les trois quarts des prélèvements ont lieu dans les Alpes, puis l'eau est acheminée vers le littoral. Les nappes alluviales de l'Argens et du Gapeau sont déjà exploitées au maximum, avec une concurrence entre irrigation et eau potable : un site installé dans ces vallées est en première ligne.

Qui prélève quoi : le Var face à la moyenne française

Le Var prélève environ 210 millions de m³ d'eau par an, dont près des deux tiers pour l'eau potable : plus de trois fois la part nationale, en raison du nombre d'habitants et de touristes.

Le prix de l'eau monte, et il va continuer

L'eau reste un peu moins chère dans le Var qu'en moyenne nationale, mais la tendance est partout à la hausse.

En France, le prix a augmenté de 4,3 % entre 2023 et 2024, plus du double de l'inflation (2 %). L'OFB prévoit que la hausse continuera, avec les nouvelles normes européennes et le renouvellement des réseaux.

Dans six communes de la métropole toulonnaise, la part assainissement a presque doublé depuis octobre 2023, de 0,64 à 1,26 € HT/m³, pour financer la station d'épuration Amphitria.

Rejets : l'eau que vous rendez compte autant que celle que vous prenez

L'essentiel de l'eau prélevée est rejeté, pas consommé : en France, 4,4 milliards de m³ ont été consommés sur 30,2 milliards prélevés - environ 15% - en 2020. L'enjeu porte donc autant sur la qualité que sur la quantité d’eau rendue. Dans le Var, 49 % des cours d'eau et plans d'eau sont en bon état écologique en 2022, contre 41 % en France. Mais la région se dégrade : 69 % de masses d'eau en bon état en 2016, 54 % en 2025. Pour une PME, les rejets passent le plus souvent par le réseau d'assainissement, sous autorisation de déversement, et sont payés via la part de la facture qui augmente le plus vite.

Quatre risques concrets pour une entreprise varoise

  • Les restrictions d'usage. En 2022, des restrictions d'eau ont touché une partie de la région PACA pendant 233 jours. Au pic d'août, elles concernaient 68 % du territoire et 66 % de la population. En 2023, le nombre de jours avec restrictions est même monté à 321. Lors de ces épisodes, l'arrêté-cadre sécheresse du Var peut fixer aux entreprises des objectifs de réduction de leurs prélèvements, calculés par rapport à leur volume habituel.

  • La hausse des coûts. Le prix de l'eau et de l'assainissement augmente plus vite que l'inflation, et rien n'indique que cela va ralentir. Une entreprise qui ne suit pas sa consommation découvre la hausse sur sa facture, sans levier pour la compenser.

  • La réputation. Dans un département touristique soumis aux restrictions, un arrosage en pleine crise, une fuite visible ou un rejet polluant se remarque vite, auprès des riverains comme des clients.

  • Les exigences des clients. Les grands donneurs d'ordre qui structurent leur gestion de l'eau demandent de plus en plus d'informations à leurs fournisseurs. Une PME capable de documenter sa consommation et ses efforts aura un argument de plus dans les appels d'offres.

Quatre premiers pas, raisonnables en termes d’investissement

  • Mesurer. Rassemblez vos factures d'eau des trois dernières années et repérez les mois de pointe. Si votre consommation est significative, installez des sous-compteurs sur les postes principaux : process, nettoyage, sanitaires, arrosage, climatisation.

  • Chasser les fuites. Comparez votre consommation de nuit et de week-end à celle des heures d'activité. Un débit permanent quand tout est à l'arrêt signale presque toujours une fuite.

  • Préparer l'été. Identifiez la zone d'alerte sécheresse dont dépend votre site, les mesures prévues à chaque niveau, et ce que vous feriez si l'on vous demandait de réduire votre consommation de 20 % du jour au lendemain.

  • Réutiliser et économiser. Récupération des eaux de pluie, circuits fermés, nettoyage à sec, équipements hydro-économes : les gains sont souvent rapides sur les usages hors process.

A vous d’anticiper !

Capitalisez sur les initiatives mises en place par la collectivité du Var au travers de la démarche Var Eau 2050, et par l’échelon national au travers du Plan eau visant 10 % d'économies d'eau d'ici 2030. Les entreprises qui connaissent leur consommation, ont préparé leur plan pour l'été et peuvent le montrer à leurs clients prennent une longueur d'avance. Vous souhaitez faire le point sur la situation de votre entreprise ? Échangeons ici.

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